
Dans l’imaginaire amoureux, on confond souvent intensité et fusion, attachement et contrôle, engagement et possession. On pense parfois qu’aimer vraiment, c’est tout savoir, tout anticiper, tout sécuriser. Pourtant, l’amour le plus vivant n’est pas celui qui enferme. C’est celui qui respire. S’aimer, ce n’est pas devenir la propriété affective de l’autre. Ce n’est pas renoncer à soi pour préserver le lien. Ce n’est pas demander à l’autre de combler toutes nos peurs, tous nos manques, toutes nos insécurités. S’aimer, c’est apprendre à être deux, sans cesser d’être soi.
L’amour n’est pas une cage, (même si elle semble dorée). Au début d’une relation, il est naturel d’avoir envie de proximité. On veut se voir souvent, se parler beaucoup, partager ses pensées, ses journées, ses émotions. Cette phase de rapprochement est précieuse : elle crée l’intimité, la complicité, le sentiment d’être choisi. Mais parfois, sans s’en rendre compte, cette proximité devient exigence. On ne demande plus seulement de l’amour, on demande des preuves en permanence. On ne cherche plus seulement à être rassuré, on veut contrôler. C’est souvent là que l’amour commence à perdre sa légèreté.
Posséder l’autre peut prendre des formes très subtiles : vouloir savoir où il est tout le temps, interpréter ses silences, surveiller ses réactions, lui reprocher ses moments d’indépendance, se sentir menacé par ses amis, ses passions, son espace personnel. Cela peut partir d’une peur sincère : peur d’être abandonné, trompé, oublié, remplacé. Mais même lorsqu’elle vient d’une blessure, la possession finit par abîmer le lien. Parce qu’un amour qui étouffe finit rarement par rassurer. Il finit plutôt par éloigner.
Continuer la lecture de « S’AIMER, C’EST ETRE LIBRES ENSEMBLE »







